Téléconférence no 2 du CCEE

Jour 25 : Lundi 1er juin 2020 (n = 14)

Une téléconférence du CCEE a lieu avec les partenaires d’enquête. Le résumé épidémiologique que vous avez préparé a été distribué avant l’appel (Module 2 – Résumé épidémiologique). Au total, quatorze cas confirmés font l’objet d’une enquête (CB = 3, AB = 3, ON = 7, QC = 1). Des entrevues génératrices d’hypothèses ont permis de déterminer que les épinards, les bleuets, les amandes, les noix de Grenoble, les graines de sésame, les graines de chia et les graines de lin pourraient présenter un intérêt et devraient faire l’objet d’un examen plus approfondi.

Pendant l’appel, l’information suivante est communiquée :

Compte rendu des provinces :

  • Colombie-Britannique (n = 3)
    • Le plus récent cas, CB-11, est une femme de 26 ans dont la maladie est apparue le 6 mai 2020. D’après l’entrevue initiale de l’autorité locale de santé publique, le cas signale avoir consommé un régime végétarien riche en fruits, à l’exception des bleuets, auxquels elle est allergique. Elle mange rarement au restaurant, sauf lorsqu’elle consomme des salades dans une sandwicherie locale, et elle achète principalement sa nourriture au marché fermier de la localité. L’autorité locale de santé publique a effectué un suivi auprès de la sandwicherie afin de recueillir des renseignements sur le menu. Seules deux salades sont au menu et aucune ne comprend des épinards, des baies, des noix ou des graines. La Colombie-Britannique mentionne qu’elle peut communiquer l’information sur le menu à l’ASPC.
  • Alberta (n = 3)
    • AB-10 est une femme de 53 ans dont la maladie est apparue le 4 mai 2020. D’après son entrevue avec l’autorité locale de santé publique, cette personne a répondu ne pas être végétarienne; toutefois, elle a indiqué avoir une alimentation riche en fruits frais, en légumes et en grains entiers. Elle a indiqué qu’elle consommait des graines, en particulier des graines de lin, de chanvre et de chia, qu’elle utilise dans la pâtisserie. Chaque matin, elle mange un sandwich au beurre d’arachide et à la banane.
    • AB-12 est une femme de 20 ans qui fréquente actuellement un collège local. D’après les données de l’entrevue initiale, cette personne signale manger sainement la plupart du temps et elle prépare fréquemment des boissons frappées pour des repas rapides et faciles.
  • Ontario (n = 7)
    • ON-14 est un homme de 45 ans qui déclare être gérant d’un magasin d’aliments en vrac. Étant donné qu’il achète une grande partie des produits de son propre magasin, il est fort probable qu’il ait consommé toutes les noix et les graines au sujet desquelles l’autorité locale de santé publique l’a interrogé.
  • Québec (n = 1)
    • Le Québec note que son cas (QC-13) a été difficile à contacter et a refusé d’être interrogé. Ce cas a été perdu de vue au cours du suivi.

Compte rendu du Laboratoire national de microbiologie (LNM) :

  • Le LNM note qu’il a vérifié s’il y avait des correspondances américaines à cette grappe de Salmonella Newport et indique qu’il n’en a trouvé aucune. Le séquençage du génome entier (SGE) révèle que les cas canadiens ne sont pas génétiquement liés aux cas américains.

Compte rendu sur la salubrité des aliments :

  • L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a mené une enquête de retraçage pour déterminer l’origine des jeunes pousses d’épinards consommées par les trois cas en Ontario et par un cas en Colombie‑Britannique. Les épinards consommés par les cas ontariens ont pu être retracés et proviennent de deux distributeurs. Les deux distributeurs s’approvisionnent en épinards dans une serre hydroponique située dans la province et ne distribuent leurs produits qu’en Ontario. Cette serre approvisionne uniquement ces deux distributeurs avec ce produit. Comme les épinards ne sont pas distribués à l’extérieur de l’Ontario et que les autres cas ne déclarent avoir fait aucun voyage en Ontario, il est peu probable que les épinards soient la source de l’éclosion. Le retraçage de l’origine des épinards consommés par les cas de la Colombie-Britannique a révélé que l’épicerie où ils ont acheté leurs épinards s’approvisionne dans une ferme qui distribue uniquement ses fruits et légumes dans l’Ouest canadien, de sorte qu’aucun autre retraçage n’a été effectué. En raison de l’absence de points communs entre les épinards consommés, on considère que les épinards ne sont pas une source probable de ces cas de maladie.

Prochaines étapes :

  • L’ACIA aimerait procéder à des enquêtes de retraçage pour déterminer l’origine d’un plus grand nombre de produits, y compris les noix et les graines; toutefois, il faudrait avoir plus de détails sur les produits.
  • Les membres du CCEE conviennent que la prochaine étape devrait consister à peaufiner les hypothèses et à recueillir des renseignements plus détaillés sur les types de noix et de graines, ainsi que sur la marque de ces produits et l’endroit où les cas les ont achetés, dans la mesure du possible. Des renseignements supplémentaires sur les bleuets devraient également être recueillis.
  • Les provinces acceptent de communiquer à l’ASPC l’information dont elles disposent sur l’exposition de leurs nouveaux cas, à partir des entrevues initiales menées par les autorités de santé publique locales. Les provinces acceptent également de communiquer avec les autorités de santé publique locales pour obtenir les coordonnées des nouveaux cas, afin que l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) puisse continuer à réinterroger les cas. Elles approuvent également l’utilisation d’un questionnaire ciblé pour réinterroger les nouveaux cas, ainsi que pour réinterroger une nouvelle fois certains cas (p. ex. cas récents, cas coopératifs et/ou se souvenant bien des événements). Le questionnaire ciblé mettra l’accent sur la collecte de données sur les aliments qui nous intéressent : noix, graines et bleuets. Au cours des nouvelles entrevues, l’ASPC continuera de demander aux cas des renseignements sur leurs relevés d’achat, dans la mesure du possible. L’ASPC rédigera le questionnaire ciblé et le distribuera aux épidémiologistes provinciaux pour qu’ils l’examinent dès que possible.

< Retour Suivant >